6 Février 2013
Salut à tous,
Avant la leçon, des petites photos...
Le week-end dernier, je me suis rendue à « Bal de Neige », un évènement qui a lieu à Ottawa pour profiter de l’hiver ! Il y a pleins d’activités pour les enfants comme des toboggans de glace, des cours de patinage et de ski…etc. Mais certaines activités sont pour tous les âges comme le concours de sculpture sur glace ! Par équipe de deux, des champions s’affrontent avec pour but de réaliser la plus belle des sculptures ! C’est assez impressionnant !
Et voilà la leçon de québécois tant attendue ! Commençons par les bases de la grammaire québécoise :
Les québécois utilisent la négation quand elle n’a pas lieu d’être : « Il n’y a pas personne » !
Ils ajoutent le « tu » même lorsqu’ils parlent à la première personne du singulier, à la troisième personne du singulier ou deuxième personne du pluriel….bref, tout le temps ! Ce qui donne des phrases assez étranges : « On a tu appelé Michel ? », « Nous avons tu perdu les clés ? », « j’ai tu fais ça moi ? » !
Au niveau du vocabulaire :
Il y a le fameux débat : Est-ce les français ou les québécois qui utilisent le plus de mots anglophones ? Selon moi, il n’y a pas de vainqueurs ! Les français utilisent certains mots anglais que les québécois n’utilisent pas et inversement. Par exemple, en France nous disons « un email » et au Québec « un courriel ». Mais les québécois disent « un jacket », alors que nous disons « un manteau » !
Parfois on utilise un même mot mais on ne parle pas de la même chose. Un suçon en québécois est une sucette en français ! Une lumière en québécois est un feu de circulation en français !
Et puis je peux vous donner une liste interminable de mots purement québécois. Le premier terme est québécois et le mot entre parenthèse sa définition en français.
Déjeuner (petit-dèj), diner ou lunch (déjeuner), souper (dîner), une canne (une conserve), une chaufferette (un chauffage), une cabane (une maison), un ticket (une amende), un verre en vitre (un verre en verre), un char (une voiture), un chum (un petit ami), une blonde (une petite amie), un cellulaire (un téléphone portable), chicaner (embêter), un babillard (un tableau d’annonce), un timbre cutané (un patch), un breuvage (une boisson chaude), clavarder (discuter par internet), un stationnement (un parking), un colleu (un câlin), fine (gentille), jaser (discuter), dispendieux (cher), bienvenu (derien), cruiser (draguer), une toupette (une frange), sloche (neige mouillée ou fondue)….etc !
Les expressions originales:
- Crisser son camp ! --> partir
- Crisser tes breaks ! --> freiner
- C’est plate ! --> C’est ennuyant !
- C’est hot ! = C’est l’fun --> c’est cool !
- C’est poche ! --> C’est emmerdant !
- Ca fait la job ! --> Ca marche, ça fonctionne.
- Il fait fraite ! --> Il fait froid !
- Pantoute ! --> pas du tout.
Les insultes comme par exemple:
Je m’en crisse ! --> Je m’en fous !
Maudit naiseux ! --> Espèce d’imbécile !
Tu es épais ! = tu es cave ! --> Tu es chiant ! (J’ai eu le droit à un débat entre mes collègues québécois pour savoir s’il était plus plaisant de se faire traiter de cave ou d’épais…Résultats : ils n’étaient pas d’accord entre eux !)
Dernier élément: le "la"! Hé oui si on veux se la jouer québécois ou si on entend trop le québécois on risque d'ajouter dans les phrases le fameux "là". Comme "tsé là je suis allée la voir là. Puis là elle m'a dit qu'elle n'était pas contente là."
Ce tique de langage peut être très pénible à entendre et même à avoir dans la bouche. Je l'avais au début mais heureusement j'arrive à maîtriser maintenant!
Viens ensuite l’accent ! Alors là je ne peux pas tellement vous en faire un résumé. Mais il faut savoir que plus on va dans le nord du Québec, plus l’accent se fait entendre. Il paraît même que les québécois du sud ne comprennent pas toujours les québécois du nord !
Pour l’instant, je parviens à comprendre les québécois sans trop de difficultés, sauf mon directeur ! Ce dernier a vraiment un très gros accent (mélange de l’accent ontarien avec des origines d’Europe de l’est !), et il a un débit de parole très élevé. Quand il me parle français, je dois souvent lui faire répéter ses phrases. Au cours d’une réunion, on a découvert que je le comprends plus facilement quand il me parle en anglais ! Le comble !
Petit test : Allez un petit entraînement pour voir si vous parvenez à maitriser le québécois. Imaginons qu’André laisse un message sur le répondeur de son ami Michel. Voilà ce que ça pourrait donner :
« Allo Michel,
Merci pour ton courriel.
Présentement ma job c’est pas l’fun. Mon boss me tanne et mon collègue est vraiment cave !
Heureusement ma blonde s’en vient avec son char cette fin de semaine. Je t’ai tu dis que ça fait maintenant plus d’un an qu’on est tombé en amour ? Elle est vraiment fine et on se chicane pantoute. Fait que, on va aller magasiner ensemble. Je dois acheter des boîtes à lunch, des pointes de pizzas pour la party de ma matante ! J’espère que les prix ne seront pas dispendieux et qu’il n’y aura pas d’achalandage, sinon ça risque d’être poche pour se parker dans le stationnement.
Tu es tu là mardi prochain ? Tu peux venir souper. On pourra jaser de la prochaine rencontre avec nos chums de gars. Je n’ai pas une grande cabane mais ça fait la job. Je te cuisinerai du pâté chinois. Tu aimes tu le blé d’inde ?
N’oublie pas ta tuque, des souliers chauds, un chandail à manches longues. Il fait fraite et il y a encore pleins de sloche !
Pleins de becs. »
Si vous êtes parvenus à tout comprendre, BRAVO ! La répétition pour dire "ma matante" est bien fait exprès! Et "chum de gars" veut dire des amis, des copains. Enfin, blé d'inde c'est du maïs! Le reste, je pense que vous avez pu deviner, non?
Si oui, vous pouvez passer à l’étape suivante: regarder la vidéo des Têtes à claques « Les joies de l’hiver ». ATTENTION : Certaines personnes pensent que c’est du tchèque ! :-)
/http%3A%2F%2Fi2.ytimg.com%2Fvi%2FEP_18Coymk0%2Fhqdefault.jpg)
Les joies de l'hiver (Tetesaclaques.tv)
Un homme est en train de gratter frénétiquement le pare-brise de sa voiture à l'aide d'un grattoir à glace. Pendant ce temps, il partage avec nous ses réflexions concernant les désagréments ...
J'espère que vous avez apprécié cette leçon de québécois.
A bientôt,
Manon